Julian Palacios. Dark
Globe (Syd Barrett & Pink Floyd).
(Le camion blanc, 2012)
Syd Barrett,
décédé il y a déjà six ans, avait inventé une certaine forme de poésie
psychédélique, la poésie SF. On se souviendra longtemps des chansons du Piper At The Gates Of Dawn : « Scarecrow », « Astronomy Domine », mais aussi des
singles, « See Emily Play »
ou même « Arnold Layne ». Au
début des années 70, il nous avait livré deux superbes albums, inégaux mais
toujours intéressants. Syd Barrett, cela pourra sembler mineur à certains. Il
s’agit pourtant d’une nappe phréatique des plus profondes. Michka Assayas
l’appelait « le grand visionnaire du rock » : il avait dû
confondre avec Bob Dylan. « Zombie définitivement grandiose » disait
de lui Patrick Eudeline : là, on avait peut-être affaire à une sorte d’autoportrait
sublimé. Il y a un mythe Syd Barrett comme il y a des mythes Jim Morrison, Elvis
Presley, Ian Curtis, Brian Jones, Hendrix,
Jackson. Une aura mythique se forme vite autour des disparus. Non, Syd
Barrett n'est ni le Rimbaud du rock ni l'Ange Déchu du psychédélisme (ni autres
calembredaines). Syd Barrett est Syd Barrett, c'est déjà pas mal. Il a écrit
des chansons poétiques. Place aux exégètes. A eux d’examiner ses textes
incandescents ou bucoliques. Quand on étudie le cas Barrett, on s’aperçoit
qu’il y a des choses encore plus dangereuses que la drogue : le stress, la
pression. Syd fut en partie victime du harcèlement moral exercé par les petits
chefs d’EMI : on lui imposa de faire des tubes. Il y perdit sa créativité, mais
surtout sa tranquillité. Ses chansons, quarante-cinq ans après, continuent
d’enchanter. Syd avait seul la clé de
ces albums sauvages. On le disait HS depuis des décennies : qu’en sait-on
au juste ? Dans une traduction d’Alain Pire, auquel on doit une très belle
somme sur le rock psyché en Grande Bretagne, Julian Palacios fait revivre les
riches heures de l’ancien leader du Pink Floyd.
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